
C'est l'un des volumes les plus sous-estimés d'un débarras après décès. Une personne âgée en fin de vie accumule des traitements sur plusieurs années : boîtes entamées, ordonnances renouvelées et jamais consommées, matériel de perfusion, patchs, seringues. Dans un cas sur deux, cela remplit un carton entier.
Les médicaments : Cyclamed, sans exception
Le dispositif est simple et il accepte beaucoup plus large qu'on ne le pense. Tous les médicaments à usage humain se rapportent en pharmacie : comprimés, gélules, sirops, ampoules, aérosols, pommades, crèmes — périmés ou non, entamés ou non.
Aucune obligation de les rapporter dans la pharmacie où ils ont été achetés : n'importe quelle officine les reprend. Il est utile de retirer les emballages en carton et les notices, qui suivent la filière papier, et de conserver les blisters et flacons avec leur contenu.
Ce que Cyclamed n'est pas : un circuit de réemploi. Les médicaments collectés sont incinérés, avec valorisation énergétique. Personne ne les redistribue. C'est important à savoir pour les familles qui se demandent, avec de bonnes intentions, s'il ne faudrait pas les donner à une association — la réponse est non, et donner des médicaments à un particulier est en outre interdit.
Il ne faut jamais les jeter à l'évier, aux toilettes ou dans la poubelle ordinaire : les molécules se retrouvent dans les eaux et les stations d'épuration ne les retiennent pas.
Le cas des stupéfiants et des traitements de fin de vie
Un logement de fin de vie contient parfois de la morphine, des patchs de fentanyl, des dérivés opiacés. Ces produits relèvent d'une procédure de destruction encadrée en officine, avec dénaturation et traçabilité.
Nous n'avons pas trouvé de fiche officielle décrivant précisément ce qu'un particulier doit faire lorsqu'il en découvre une quantité importante au domicile d'un défunt. Le réflexe raisonnable est de les rapporter en pharmacie comme les autres médicaments, en les signalant explicitement au pharmacien plutôt que de les déposer dans le bac. Pour de grosses quantités, appelez l'officine avant de vous déplacer : c'est elle qui vous dira comment procéder.
Le matériel piquant : la filière DASTRI
Aiguilles, seringues, stylos injecteurs, lancettes de glycémie : ce sont des déchets d'activités de soins à risques infectieux, et ils ont leur propre filière, DASTRI.
Le principe : des boîtes jaunes à couvercle vert, remises gratuitement en pharmacie, dans lesquelles on dépose le matériel piquant. Une fois pleines, elles se rapportent en pharmacie ou dans un point de collecte municipal équipé.
Ce qui ne doit jamais arriver, et qui arrive : des aiguilles dans un sac-poubelle ordinaire. Le risque n'est pas pour la famille, il est pour la personne qui manipulera le sac ensuite — un ripeur, un agent de déchèterie, ou l'équipe qui vide le logement. Une piqûre par une aiguille usagée déclenche une procédure médicale lourde et plusieurs mois d'attente.
Là encore, pour une quantité importante découverte lors d'un débarras — au-delà de l'auto-traitement individuel auquel la filière est destinée —, le mieux est d'appeler la pharmacie ou l'agence régionale de santé pour savoir comment procéder. Nous n'avons pas trouvé de procédure officielle publiée pour ce cas précis.
Le reste du matériel médical
Lit médicalisé, fauteuil roulant, déambulateur, concentrateur d'oxygène : ils appartiennent très souvent à un prestataire qui les a loués, pas au défunt. Cherchez l'étiquette et le numéro de téléphone, et appelez : le prestataire vient les reprendre, gratuitement, et continuera à facturer tant que personne ne l'a prévenu.
S'ils appartenaient réellement au défunt et sont en bon état, plusieurs associations les acceptent en don. C'est du matériel cher, encore utile, et il n'y a aucune raison de l'envoyer à la benne.
Un logement de fin de vie demande souvent plus qu'un débarras. nettoyage de logement après décès décrit ce que recouvre l'assainissement, et ce qu'il ne recouvre pas.
